Ce blog a pour but de réflechir sur cette révolution qui consistera à revisiter toutes ces fausses-vérités qui collent mal à l'Afrique. Il s'agit pour nous d'abord, de rompre avec la société postcoloniale qui est une société africaine malade et corrompue. Cette société ne peut permettre ni le développement de l'Afrique ni l'épanouissement des citoyens africains. Cette société maintient la communauté africaine dans la médiocrité perpétuelle et sous la domination de puissances étrangères. Une rupt
Notre devoir, pour relever ce défi salutaire, est de nous employer à donner à notre jeune nation une consistance renouvelée, où se conjuguent harmonieusement patriotisme authentique et
«sénégalité ».
Si le patriotisme pour la génération des résistances coloniales consistait principalement, à l'époque, à lutter contre le colonialisme, il requiert aujourd'hui, de la part des nouvelles générations, une mobilisation totale et de prendre à bras le corps les problèmes lancinants de l'analphabétisme, de la pauvreté, du chômage des jeunes, de l'aggravation des disparités sociales et régionales. Il s'agit, au même titre, de gagner le pari de la modernisation démocratique, de rehausser l'indice de développement humain, d'accroître la production économique et de stimuler l'effort intellectuel et la création artistique? « Il n'y a aucune nation au monde qui puisse se vanter d'être arrivée au meilleur gouvernement possible, qui serait de rendre tous les hommes, non pas également heureux, mais moins inégalement malheureux ; en veillant à leur conservation à l'épargne de leurs sueurs et de leur sang par la paix, par l'abondance des subsistances par les aisances de la vie et les facilités pour leur propagation».
Ce Sénégal, pays des hommes lumineux authentiques comme Cheikh Omar Al Foutiyou, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, Cheikh Seydi El Malick Sy, Mame Cheikh Kabirou Mbaye, Cheikh Hamid Kane, Seydina Limamoulaye, Cheikh Al Islam Ibrahima Niasse, Monseigneur Yacinthe Thiandoum, pour ne citer de que ceux là. Ce Sénégal, pays de grands hommes d'État comme Lamine Guèye, Cheikh Anta Diop, Kéba Mbaye, etc. Ce Sénégal, terre de Lat Dior, Maba Diakhou Bâ, Bour Sine, Aline Sitoe Diatta, etc. Cette terre qui compte encore parmi ses fils de grands hommes que nous ne citerons pas par décence. Ce Sénégal ne sombrera jamais dans la violence et la perdition.
Il fut une époque ou faire de la politique nécessitait plus que du courage, il fallait presque de la témérité aveugle, et ils étaient là, ces Sénégalais cités plus haut, bravant l'impérialisme, subissant la répression sauvage et humiliante. Nous leur devons un témoignage de gratitude. Ils se sont battus pour l'indépendance nationale et pour l'instauration de la démocratie.
À nous de travailler pour une démocratie participative et le développement de notre pays. Nous leur devons bien ça. Faisons juste preuve de « sénégalité ». Ce concept de « sénégalité » cher à nos yeux est très complexe à définir. Il a un rapport étroit avec le patriotisme et par soucis d'excès, nous dirons juste que « être sénégalais c'est aimer le Sénégal » . Nous ne vous parlons pas d'amour comme l'on supposés les colons, mais d'amour dans le sens de « philos ». Cet amour qu'éprouvaient les grands hommes du Sénégal pour leur patrie. Le Patriotisme est un sentiment d'appartenance à un pays, qui renforce l'unité selon des valeurs communes. C'est un état d'âme, d'esprit qui pousse quelqu'un à ressentir de l'amour et de la fierté et à défendre les intérêts de son pays. Il ne faut pas le confondre avec le chauvisme, qui en est sa manifestation excessive voire agressive, et il doit être distingué du nationalisme, qui est une idéologie politique.
La « sénégalité », devrait se voir dans plusieurs points, mais nous nous contenterons de n’en développer que trois principaux qui devront regir inéluctablement le développement du pays
• La « sénégalité » géographique (ou social) qui se manifeste par l'attachement au territoire, à la terre investie comme la mère-patrie par la conscience d'un «nous» du dedans auquel s'oppose au dehors « l'autre », l'étranger. La mère-patrie est regardée comme le sol ou le terreau où s'édifie la culture propre et avec elle la conscience d’une identité personnelle qui dépasse l'individu et sans laquelle cet individu ne serait rien ; notre « sénégalité » devrait faire du Sénégal, le plus beau et le grandiose des pays du monde. Aimer son pays c'est s'aimer.
• La « sénégalité » culturelle dans lequel la culture se présente comme prisme où se réfracte le mouvement de la civilisation ; la fierté d'écouter Youssou Ndour, ou Baaba Maal, de lire Senghor ou Cheikh Anta Diop, de vibrer à l'écho que laissent les tam tam de Doudou Ndiaye Rose. Ceci ne devrait pas être une tache difficile. Le Sénégal n’est plus à présenter dans cette optique de l’universalité de la culture. Notre pays a apporté, apporte et continuera à apporter sa contribution en faisant vibrer le monde, aux rythmes des sonorites et à la joliesse des plumes de ses dignes fils. Des villages les plus isolés aux lieux branchés de la capitale, Dakar, la culture sénégalaise s’est fait connaitre dans le monde entier, par son goût pour les sports traditionnels, la musique, la danse, le vêtement, le travail créatif et ingénieux de tout matériau à portée de main, les moments de convivialité liés aux repas et les fêtes, ses grands hommes dans le champs de l’intellectualité et des sports, sans oublier, un attrait indéniable pour l'échange et la communication orale
• La « sénégalité » juridique inspiré de la tradition sénégalaise nous inspire au partage...le pouvoir appartient au peuple et il doit le rester. Dans La démocratie participative, comme nous le concevons, les citoyens élisent des représentants qu'ils chargent d'établir les lois, lesquels demandent ensuite aux citoyens de valider ou d'invalider, par référendum, les lois proposées. C'est même l'essence d'une famille africaine. Le père de famille, même si sa décision est prise ; se permet d'avoir l'avis de sa femme et même de son entourage. Si on suppose que le Sénégal est une famille, la participation du peuple dans les décisions de cette famille qu’est le pays est essentiel. Nous éviterons d’entrer dans le débat sur la démocratie, mais qui connait l’histoire, sait que la démocratie est africaine pour ne pas dire sénégalaise. Les décisions se sont prises sous l’arbre à palabre. Principal système socio-politique au Sénégal avant cette foutue colonisation, la palabre fait référence à ces assemblées où étaient librement débattues quantité de questions et où sont prises les décisions importantes concernant la communauté. Ainsi, se réglaient les conflits latents ou apparus dans diverses situations très concrètes. Réunis généralement sous «l’arbre à palabre», les participants ont tous droit à la parole et peuvent exposer en public leurs plaintes et demandes, ainsi que celles de leur groupe.
Ce faisant, nous aurons allié patriotisme sincère et citoyenneté positive pour l'édification d'un Sénégal fondé sur la démocratisation concomitante de l'Etat et de la société, un Sénégal garantissant à ses fils une digne citoyenneté à la mesure de l'affection sincère qu'ils vouent à leur partie. Il s'agit de promouvoir l'éducation à la citoyenneté de façon à ce que tout un chacun se sente responsable et de sensibiliser la population sur le comportement à adopter face aux devoirs qu'il doit accomplir envers sa nation et également envers ses compatriotes. Il n'existe, en effet, point de citoyenneté sans patriotisme, et encore moins de patriotisme sans citoyenneté. L'actuelle crise des valeurs au Sénégal appelle à une telle refondation des bases de notre société. Un Citoyen qui accomplit son Devoir dans un Etat de Droit.
DIAGNE Abdou